Hackathon ActInSpace® : le projet Dragonfl’AI remporte la finale régionale

Ce week-end, 42 a reçu l’édition régionale du hackathon ActInSpace®. C’est le projet Dragonfl’AI, qui a pour ambition d’éradiquer la malaria, qui a remporté la compétition. Le même événement s’est déroulé en simultané dans 70 villes tout autour du monde.

Le hackathon ActInSpace®, organisé par le CNES (centre national d’études spatiales) en partenariat avec l’ESA (agence spatiale européenne) et l’ESA Business Incubation Centre, est un événement mondial. Plus de 2200 candidats y ont participé partout dans le monde. La finale régionale a eu lieu les 25 et 26 mai dernier, dans 70 villes réparties sur les cinq continents. En France, l’édition parisienne s’est déroulée à 42.

Troisième édition d’ActInSpace® à Paris : Amir Banifatemi. © CNES/Hervé PIRAUD, 2018
Troisième édition d’ActInSpace® à Paris : Amir Banifatemi.
© CNES/Hervé PIRAUD, 2018

Le thème du hackathon ActInSpace® 2018 est un peu différent des éditions précédentes. Cette année, après les éditions 2014 et 2016, les équipes doivent non seulement réfléchir à de possibles applications des technologies spatiales pour aider l’humanité au quotidien, mais aussi pour développer de nouveaux services spatiaux, jusqu’à l’exploration interplanétaire.

Les satellites d’observation et l’IA au service de l’éradication de la malaria

Troisième édition d’ActInSpace® à Paris : l'équipe Dragon Fl'AI. © CNES/Hervé PIRAUD, 2018
Troisième édition d’ActInSpace® à 42 à Paris : l’équipe Dragon Fl’AI.
© CNES/Hervé PIRAUD, 2018

C’est le projet Dragonfl’AI qui a eu le plus de succès auprès du jury. L’équipe est composée de cinq membres : Guillaume Duchesne, ingénieur mécanique et agronome chez Renault ; Maxime Lenormand, étudiant à l’IPSA ; Adrien Sicart, entrepreneur ; Amiel Sytruk, lead data scientist chez Homeloop ; Paul Wohrer, conseiller stratégique dans le spatial. Leur but est simple : détecter les zones d’incubation des larves de moustiques, ainsi que les foyers de population humaine qui se trouvent à proximité. Cela permettra alors de prendre les mesures nécessaires pour éviter les épidémies de malaria, mais aussi de toutes les autres maladies transmises par les moustiques aux humains.

Pour cela, la team de Dragonfl’AI préconise d’utiliser deux outils. D’une part, les satellites déjà en orbite autour de la Terre pour identifier les régions à risque. D’autre part, le Machine learning permettrait un traitement de ces données, recoupées avec celles des années précédentes. Un périmètre d’action pourrait alors être établi. Le laps de temps entre le traitement de ces données et la dernière mue des moustiques est très court, puisqu’il ne dure que quatre jours.

Le jury du hackathon ActInSpace® composé de 16 spécialistes d’horizons divers

Le jury parisien du hackathon ActInSpace® regroupait 16 membres. François Alter et Jérôme Vila ont représenté le CNES. Pierre-Guy Amand et Jean-Christophe Henoux travaillent à Ariane Group. Amir Banifatemi et Alexandre Cadain sont à la tête d’Anima et représentaient aussi AI XPrize. Anilore Banon est artiste et sculptrice et créatrice du Vitae Project. L’ESA a été représenté par Luca Boccaletto ; le Val d’Oise Technopole par son DG Christophe Poupart. Aurélie Boudier est manager chez Airbus Defense and Space ; Michael Thomas chez Capdecisif Management. Pour finir, le jury comptait également Alain Coutrot du Pöle ASTech Paris Région, Catherine Derousseaux des Entrepreunariales, Joël Saingre président de l’IES et de l’association BGE Adil, ainsi qu’Antoine Verstraete de la MAIF Start Up Club et Paul-Louis Vincenti d’Air France.

Troisième édition d’ActInSpace® à Paris : Dragonfl'AI présente son projet devant l'assistance. © CNES/Hervé PIRAUD, 2018
Troisième édition d’ActInSpace® à Paris : Dragonfl’AI présente son projet devant l’assistance.
© CNES/Hervé PIRAUD, 2018

Ce qui a le plus séduit le jury est la mission humaniste du projet Dragonfl’AI. En effet, selon l’OMS, il y a eu 216 millions de cas de paludisme dans le monde en 2016. 445 000 cas se sont soldés par le décès de la personne contaminée*. Mais plus encore, le réalisme et la faisabilité du projet sont les atouts qui ont fait pencher la balance en faveur de Dragonfl’AI.

Hackathon ActInSpace® : la finale internationale se déroulera à Toulouse

Lors de cet événement régional, les vainqueurs de ce hackathon ont aussi reçu le prix « coup de coeur » du Vitae Project. Ainsi, en plus d’un vol en hélicoptère au-dessus de Paris, ils pourront apposer leurs empreintes sur une oeuvre d’art destinée à être exposée sur la Lune. Les cinq créateurs du projet Dragonfl’AI participeront à la finale nationale qui aura lieu à Toulouse le 26 juin. Une grande finale opposant tous les vainqueurs nationaux aura lieu le 27 juin, toujours à Toulouse, dans le cadre du Toulouse Space Show.

En décembre dernier, 42 organisait un autre hackathon, celui de Tech Rocks 2017, avec Openska. A cette occasion, les leaders tech français se sont rassemblés autour de deux challenges.

Tech Rocks 2017 : 42 organise le hackathon avec Openska

*Source : OMS – Rapport sur le paludisme dans le monde (http://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/malaria)